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 Trophé Craig Harrison 2013

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Simon

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MessageSujet: Trophé Craig Harrison 2013   Lun 4 Nov - 19:41

Le TCH 2013 est terminé, et en attendant notre feedback, voici une petite vidéo côté patrouilleur pour se mettre dans le bain :



Et nous avons réussi à emmener un patch CROS et Jok'Air sur le pas de tir final, ce qui était notre objectif initial.
Suite au Retex qu'on peut entrevoir dans bille de 6, voici mon retour complet :

Vendredi, commune de Puivert, 15.00.
Je m’appelle Jens Simonsen, et je suis accompagné de mon photographe Johan Falcosson. Nous sommes tous les deux suédois, chargé de faire un reportage sur la Colombie. Notre couverture complète nous a été communiquée par nos supérieurs, et va nous permettre de mener à bien notre mission sans être inquiétés.
Nous sommes en réalité Simon et Falco, deux opérateurs en charge de traquer « Rodrigo », un trafiquant Farc, puis de l’éliminer après avoir recueilli un maximum d’informations sur ses combines. Nous disposons si besoin est d’un chauffeur engagé par nos supérieurs pour nous servir de guide et nous véhiculer dans la région.

Nous ne savons pas à quoi ressemble Rodrigo, et avons pour seule indication une information mentionnant sa présence dans un restaurant du centre de Puivert nommé « le Pamir » dans la soirée. Nous décidons avec Falco de gagner les hauteurs de Puivert, hors de vue des habitants, pour surveiller au téléobjectif toute entrée ou sortie du village.



Mais aucun véhicule ou individu ne se distingue, nous décidons donc d’aller directement à l’intérieur du restaurant vers 19h00.
Quelques rares clients sont déjà attablés, dont 2 en treillis militaires. Nous choisissons donc une table non loin, pour pouvoir écouter d’une oreille ce qui se dit.
La table à côté de nous se remplis au fur et à mesure que le temps passe, et nous avons visiblement le gratin des trafiquants de drogues comme voisins. Une autre table de six personnes est remplie de ce qui semble être leurs gardes du corps, tous avec une oreillette transparente qui dépasse de leurs vestes. Les autres tables semblent être occupés par des locaux, mais nous sommes également persuadés que d’autres agences militaires ont envoyés des agents surveiller certains trafiquants. Nous craignons que cette abondance d’étrangers dans le restaurant n’attire l’attention..

Nous essayons d’avoir une communication normale avec Falco, et parlons donc boulot, copines, photographie et vacances. Pour autant nos oreilles sont tendues vers la table voisine, et nous arrivons à comprendre par élimination qui est Rodriguo avec certitude. Nous comprenons également que les Farcs vont établir un bivouac dans un hammeau voisin : Camp Bonnaure. Pas question de rester une minute de plus dans ce restaurant avec les gardes du corps qui épient tout le monde dans la salle, nous réglons notre adition, et sortons du restaurant.



Nous allons attendre près de la voiture de notre chauffeur la sortie de Rodrigo et de son garde du corps. Ils sortent 35 minutes après nous, ça y est la filature peut démarrer.

Notre chauffeur suit de très près le fourgon qui contient Rodrigo, mais impossible de conduire sans phares dans ces virages incessants. Nous ne sommes pas suivis, je m’en assure fréquemment en me retournant sur mon siège. Le fourgon tourne à gauche sur un petit sentier, qui risque de nous trahir définitivement sur nos intentions. Le fourgon s’arrête progressivement, et nous nous retrouvons bêtement derrière lui, à l’arrêt également. Falco hurle à notre contact de faire demi-tour au moment même où des phares s’allument sur notre droite. Des hommes armés sortent des deux véhicules, et notre chauffeur nous conseille de rester dans le véhicule le temps qu’il arrange la situation. Nous le voyons sortir de la voiture et échanger des paroles avec une armoire à glace qui semble peu commode et peu convaincu. L’échange semble finalement bien tourner jusqu’à que notre chauffeur prenne une balle de revolver… Des hommes armés sortent Falco du véhicule, tandis qu’on me braque avec un M4 doté d’une lampe puissante, tout en recevant maintes insultes pour que je garde la tête baissée. Je suis à mon tour sorti de la voiture, trainé au sol, puis me fait attacher les mains dans le dos et bander les yeux.

On me déplace manu militari et je rejoins finalement Falco à genou sur le sol un peu plus loin. J’essaye d’expliquer que nous ne sommes que des journalistes, mais les menaces et sévices de nos ravisseurs me poussent au silence. Nous sommes rapidement embarqués à l’arrière d’un véhicule, couchés l’un contre l’autre. A défaut de pouvoir observer quoi que ce soit les yeux bandés, je compte les secondes. 7 minutes plus tard nous sommes débarqués sans ménagement, et on nous pousse à l’intérieur d’un bâtiment qui semble comporter plusieurs pièces.

Commence ainsi un long interrogatoire qui va durer toute la nuit, ou nous sommes questionnés sans cesse sur la raison de notre venue. Je récite ma couverture dans le détail à chaque reprise, en essayant d’être le plus convaincant possible : apeuré et désireux de rentrer dans son pays. Visiblement Falco résiste d’avantage aux interrogatoires, et subit plus de répression de la part de nos geôliers. Il arrivera même à s’échapper, en lâchant un célèbre « Adios Amigos » mais sera rattrapé à l’extérieur du bâtiment …

Nous sommes fouillés, nos sacs sont vidés et nos papiers d’identités examinés.



Malgré l’absence d’éléments prouvant que nous ne sommes pas qui nous prétendons être, l’interrogatoire n’en finit pas. A côté de nous nous entendons certains des autres membres d’unités militaires que nous avons croisés dans le restaurant. Visiblement ce rassemblement anormal a attiré l’attention des Farcs, et certains s’en sortent mieux que d’autres des interrogatoires.





L’aube approche, et nos ravisseurs ont visiblement décidés de se séparer de nous tous vu que personne n’a lâché d’informations…
Nous sommes plusieurs alignés devant un mur, en attente d’être fusillés lorsque qu’une forte détonation retentie suivis de nombreux coups de feu qui ne sont visiblement pas pour nous vu que je suis toujours debout, vivant !



Je jette mon voisin de gauche à terre, tout en enlevant mon bandeau des yeux. Les tirs cessent et nous découvrons rapidement nos sauveurs : une escouade de SEALS qui a pu nous retrouver grâce à nos portables qui n’ont pas été détruits.

Nous nous précipitons dans la petite bâtisse que nous découvrons enfin à la lumière du jour. Une simple pièce de 6*8 mètres à vue d’œil, avec une grande bâche tiré en travers pour former deux pièces.  J’enlève les entraves de mon équipier, et nous commençons à nous équiper avec notre matériel que l’escouade SEALS nous a ramené. Je retrouve enfin des habits fonctionnels, mon fusil de précision et des vivres pour 36H.
Notre mission consiste désormais à rejoindre camp Bonnaure pour y trouver une mallette qui contiendrait des informations sur la position de Rodrigo. Ce dernier ayant dû se mettre à l’abri étant donné qu’il se sait rechercher.

En cinq minutes nous sommes prêts à nous mettre en marche et nous laissons les autres binômes à leurs sorts.



Nous parcourons 200 mètres dans la forêt, hors des sentiers avant de faire un point pour nous orienter. Nous décidons de ne pas emprunter de sentiers pour la première partie de notre descente, afin d’éviter toute patrouille qui se dirige ou qui part de notre lieu de détention.



La progression est difficile, lente et épuisante. La nuit blanche se fait sentir, mais nous savons qu’il est impossible que quiconque viennent nous chercher par ici.
Nous décidons au bout d’une heure de prendre un azimut direct pour rejoindre un petit sentier de chasseur qui longe un GR, afin de se rapprocher plus rapidement du hameau que nous devons fouiller. Nous évitons un promeneur qui semble inoffensif, marchant torse-nu dans le sens de la montée. Nous continuons notre avancée  en bordure du GR, très glissant et épuisant pour des personnes qui pèsent au moins 100 kilos avec leurs équipements et qui cherchent à progresser rapidement et discrètement.

Nous décidons de nous approcher à 200 mètres d’un patelin nommé « L’escale », avant de prendre un nouvel azimut brutal pour rejoindre un autre GR sans s’exposer au regard de passants dont nous ne connaissons pas les intentions.

Quelques dizaines de mètres avant de descendre dans la forêt, un bruit de moteur qui s’approche nous oblige à nous enterrer dans le paysage. Je suis obligé de faire un bond dans les ronces en forte pente sur la droite du chemin, et Falco devra venir m’aider à remonter une fois le véhicule passé. Nous pensons qu’il s’agit de chasseurs, mais nous sommes surement un gibier intéressant pour qui cherche à faire plaisir aux trafiquants de la région. Nous quittons le chemin 20 mètres plus loin. La progression est de nouveau difficile et bruyante à causes des branchages secs au sol. Nous faisons donc des pauses régulières pour écouter ce qui nous entoure et reprendre des forces. Nous sommes obligés à certains moments de ramper dans la glaise sous des tunnels végétaux, le sac de 12 kilo dans une main, le fusil de précision dans l’autre.
Nous arrivons enfin à proximité du croisement que nous visions, qui va nous permettre de prendre un sentier Cathare qui nous amènera à proximité de camp Bonnaure. Nous prévoyons de quitter ce sentier au moins 1,5 Km avant notre destination et de faire une observation à longue distance.

En traversant le croisement, nous entendons un très léger sifflement en provenance des fourrés. Un autre binôme, Lonewolf et Mav, qui s’est fait malmené avec nous la nuit précédente est dissimulé dans les fourrés.  Nous les rejoignons, et apprenons que des tirs ont été entendus plus hauts et que eux-mêmes ont du se défaire de patrouilleurs à leurs recherches.

Mis en confiance par notre expérience commune de la veille, nous décidons d’emprunter le sentier Cathare à quatre, tout en décidant de rester très mobile.
Après une petite erreur de direction suite à des chemins peu visibles, nous sommes en route pour camp Bonnaure à bon rythme. Nos deux spotters ouvrent la marche en couvrant l’avant et la colline sur notre droite, tandis que je ferme la marche avec le tireur nommé Lonewolf. Un bruit grandit petit à petit derrière nous, caractéristique de véhicules sur un sentier peu carrossable. Après un court échange de gestes, nous nous jetons tous les quatre dans le fossé sur notre gauche, à 2 ou 3 mètres du chemin que nous empruntions, cachés entre ronces et fougères. Un premier véhicule passe, puis un second. Nous hésitons à nous relever mais préférons temporiser un peu. Heureusement car un troisième véhicule passe, puis un autre, puis un autre … puis un autre ! Au total une dizaine de véhicules sont passés au-dessus de nous. Nous nous remettons en marche dans le même ordre, en espérant que la colonne de véhicule ennemi va continuer son chemin jusqu’à camp Bonnaure. Nous gardons en tête que nous sommes activement recherchés et que la fin de la progression va être difficile.

Nous nous arrêtons pour manger rapidement, et faire le plein d’eau pour nos deux nouveaux acolytes.


Nous continuons notre progression sans aucune autre rencontre, et décidons de cacher nos sacs dans un sous-bois à bonne distance de notre cible. Nous prenons alors une décision qui avec du recul semble assez mauvaise : rester à quatre pour disposer d’une puissance de feu supérieure au vu du nombre d’hostiles à notre recherche, et partir en direction de camp Bonnaure sans attendre la nuit et son obscurité protectrice. Nous partons du constat que les Farcs sont actuellement plus occupés à rechercher les binômes en fuite qu’occupés à monter et surveiller leur bivouac. Nous espérons donc nous infiltrer dans camp Bonnaure au plus vite et trouver la mallette avec un minimum de protection ou attendre dans une bâtisse ou une grange à l’intérieur même du hameau, là où l’on ne nous cherchera pas.

Le début de notre progression se déroule très bien, nous avalons rapidement la distance qui nous sépare du hameau en restant camouflés à la lisière des sous-bois, et nous attendons que le binôme de patrouilleurs qui s’éloigne de camp Bonnaure soit très loin dans notre lunette de tir avant de continuer.





Nous traversons un des derniers champs qui nous séparent du hameau recroquevillés sur nous-mêmes avant de nous tapir dans un fossé. Personne ne nous a vu, aucun signe d’alerte apparent. Nous hésitons alors entre traverser un champ ou les vaches broutent en paix ou longer le fossé jusqu’à un chemin qui mène à la première grange de camp Bonnaure. Nous sommes à 50 mètres de l’objectif à vol d’oiseau. Nous décidons d’écarter l’option des vaches qui risquent de s’enfuir ou au contraire de se rassembler autour de nous lors de notre progression. Nous rampons donc dans le fossé jusqu’à la limite de la haie. J’observe la première grange avec ma lunette, et signale en silence grâce à mon laryngo la présence de trois personnes qui semblent hostiles. Falco est seulement à deux mètres du chemin qui mène à la grange, malheureusement d’autres hostiles apparaissent de part et d’autres de mon réticule. On ne nous a pas encore repérés, mais ça ne saurait tarder, la situation risque de vite dégénérer. Il est impossible de prendre une décision entre avancer et reculer, dans les deux cas nous serons visibles. Le pire se produit alors, un patrouilleur semble avoir vu une forme ou un mouvement dans notre direction et commence à rameuter ses camarades. Un bruit de moteur qui démarre à l’ouest me presse dans ma réflexion et j’ordonne le repli. Si nous restons nous allons être massacrés sans autre forme de procès. Nous courons aussi vite que nous pouvons à travers les champs afin de regagner la rivière à sec entouré d’arbres plus au sud, il faut absolument repasser hors de vue. Falco ouvre le feu et  fais tomber les deux poursuivants les plus proches de nous.
Nous sommes enfin protégés derrière des arbres et nous nous mettons en position pour nous débarrasser d’éventuels autres poursuivants qui nous auraient suivis à travers les champs. Les secondes passent, mais rien ne vient.



Lonewolf me fait part de sa crainte d’être contourné suite à des bruits qu’il a entendu à l’est. Nous remontons donc encore un peu à la limite d’un espace découvert, remplis de hautes herbes. Falco et Lonewolf restent à la lisière, tandis que je prends de la hauteur pour les couvrir. Mav retourne au sac de son côté, une chute sur le coccyx plus tôt dans la journée sur les pentes glissantes d’un sentier cathare l’ayant réduit physiquement.

Je suis presque arrivé au sommet de la butte, et ma position me permet de découvrir un hostile qui s’approche de Falco en longeant la lisière. Je le signale à la radio, et tente un tir malgré la distance que j’estime à 60-70 mètres. L’homme s’écroule et je continue ma progression tout en continuant de communiquer à la radio.

Silence radio du côté de Falco, celui-ci semble touché. De mon côté je suis au sommet de la butte, et je ne vais pas tarder à surplomber les autres hostiles qui échangent des tirs avec le reste de mon groupe. Je suis couché dans les hautes herbes, et rampe doucement jusqu’à obtenir une fenêtre de tir. Un autre ennemi se dessine enfin 35 mètres devant moi dans la pente. J’ouvre le feu à travers les hautes herbes et il s’écroule à son tour. Des tirs arrosent ma position, mais j’ai déjà roulé dans les hautes herbes et je suis à une dizaine de mètres des impacts. Je m’avance prudemment à nouveau, tout en continuant de communiquer avec Lonewolf. J’effectue un dernier tir sur un hostile que Lonewolf venait tout juste d’abattre sans que je le sache. Nous avons trois hostiles à terre et nous pensons la zone sécurisée. Lonewolf commence à soigner mon binôme pendant que je les rejoins.
Un quatrième Farc que nous n’avions pas détecté sort d’un buisson et commence à nous arroser au SPAS12. Je me suis jeté à terre, mais impossible de saisir de quoi neutraliser le Farc sans m’exposer, seul les hautes herbes et la hauteur m’ayant sauvé d’un tir.
Heureusement Lonewolf arrive à abattre notre dernier opposant à l’arme de poing et nous décidons de filer au plus vite vu que nous sommes repérés.

Nous utilisons deux médikits sur Falco qui n’a plus qu’un œil valide. Nous rentrons aux sacs retrouver notre quatrième homme, et essayons de dormir un peu pour enfin retrouver des forces. Nous prévoyons d’attendre la nuit pour retourner sur Camp Bonnaure, ce que nous aurions dû faire plus tôt. Je suis étalé sur ma smock, et sent aussitôt mes paupières se fermer.

Au bout de cinq minutes, un engin que nous identifions comme une broyeuse à bois se met en route à proximité, le bruit est infernal, impossible de dormir … Je maudis son propriétaire, et prie pour qu’il cesse son vacarme rapidement, mais rien n’y fait…

Le temps passe sans pour autant que nous puissions nous reposer.
Le binôme de Lonewolf n’est malheureusement pas en état de continuer, et doit abandonner. De mon côté, Falco a perdu une partie de son matériel lors de l’affrontement et ne m’accompagnera pas jusqu’au bout.
Je fais l’erreur conséquente de ne pas récupérer la bâche qu’il transportait malgré sa proposition, et le laisse rejoindre un point d’extraction défini avec notre commandement.
Lonewolf est reparti seul et à presque 30 minutes d’avance sur moi, il faut que je le rattrape pour que nous finissions ensemble ce que nous ne pourrons pas finir seul.
Ce dernier m’envoie ses coordonnées actuelles, que je rentre dans mon Foretrex . Je me mets en route à vive allure, profitant de la nuit qui est tombé pour progresser en bordure des sentiers. Le cap que je suis m’étonne rapidement, et je doute de la fiabilité de mon GPS. Je le ré-étalonne dans la foulée et m’aperçois qu’il m’envoyait presque à l’opposé de la position de Lonewolf.

Après un juron bien suédois sur la fiabilité des merdouilles électroniques, surement sous-traités en Chine, je me remets en route presque en courant pour rejoindre au plus vite l’autre tireur.

Je le retrouve au bout de 20 minutes, et découvre un autre binôme qui se joint à nous pour tenter d’infiltrer Camp Bonnaure. Mais nous sommes obligés de nous enfoncer dans un bois pour échapper à des patrouilleurs Farcs qui semblent évoluer non loin. Après une heure à progresser à rythme d’escargot sans aucune lumière, nous sortons enfin de cet enfer végétal. Nous dissimulons nos sacs, tout en marquant les coordonnées  sur mon Foretrex.  

« Toi mon coco tu as intérêt à ne pas me la refaire à l’envers, sinon tu ne vas pas finir le week-end »

Nous arrivons discrètement à proximité du hameau en progressant en colonne dont je suis à la tête, mais des bruits nous font jetés à plat ventre dans un petit fossé : Un éternuement et des bruits de pas. Après 20 minutes sans bouger un seul membre, à écouter, et tenter de percer l’obscurité, quelqu’un me signale qu’il ne s’agit que de vaches et qu’il pense qu’il n’y a personne d’autres à proximité. Je note donc intérieurement qu’un boviné peut éternuer et ressembler à un garde en faction, et me demande quelles autres surprises m’attendent. Nous progressons le long d’une clôture électrique, tapis derrière une petite butte le plus à l’abri possible de la lumière d’un lampadaire.
Nous sommes enfin aux abords des premières maisons, à deux doigts de trouver une mallette qui contiendrait des informations sur la position de Rodrigo.
Mais cela n’est bien sûr pas aussi simple. Un feu de bois crépite à une soixantaine de mètres de nous, avec surement un ou deux Farcs en train de se réchauffer à côté, et des puissantes lampes torches balayent notre zone. Nous sommes aplatis dans les hautes herbes ou dissimulés derrière un cabanon, et nous attendons notre moment pour progresser. Je finis de visser le silencieux de mon USP, ayant mon fusil de précision sanglé dans le dos. Nous entendons des tirs de l’autre côté du hameau, et les lampes torches s’éloignent. Nous en profitons pour avancer, sauter des murets, passer par-dessus des grillages, et nous coucher aux pieds des rares arbres ou des haies bien entretenues. Nous entendons des voix et des portières claquer à proximité…

Mais nous ne sommes pas repérés, et nous continuons à avancer. Nous nous demandons si nous continuons à progresser à gauche ou à droite d’une maison lorsque je propose de fouiller le véhicule de type 4x4 garé devant nous. Le binôme Loky / Jack qui nous accompagne s’élance tandis que nous restons les couvrir avec Lonewolf. Ils reviennent au bout de deux minutes avec une bonne nouvelle, ils sont en possession des documents qui indiquent la position de nos cibles respectives. Mauvaise nouvelle : les informations sont codées. Mais nous nous occuperons de cela plus tard, nous empruntons d’abord en silence le chemin inverse pour retourner à nos sacs, sans mauvaise rencontre.

Mon Foretrex nous ramène au mètre près à l’emplacement voulu, et je lui change ses piles pour le récompenser. On motive ses troupes comme on peut hein !

Nous nous éloignons encore plus de Camp Bonnaure avant de nous poser pour nous restaurer et déchiffrer les informations récupérées. Je partage la nourriture et l’eau qui me reste, mais nous devons faire attention à rationner. Je ne m’en étais pas aperçu mais il est déjà une heure du matin.



Nous arrivons rapidement à obtenir la position de Rodrigo pour le lendemain matin, ainsi qu’un horaire très réduit ou il devrait se montrer pour faire affaire avec un autre trafiquant que l’autre binôme doit abattre. Le hasard fait bien les choses, nous allons donc continuer à faire un bout de chemin ensemble. Nous disposons de moins de 10 heures pour être en position si nous voulons abattre notre homme, et nous décidons donc de nous remettre en route aussitôt. Je dormirais bien une ou deux heures, mais la mission avant tout. Nous décidons de notre itinéraire, et nous entamons notre progression sans aucune lumière tant que nous sommes visibles de Camp Bonnaure. Nous traversons un champ fraichement labouré dans l’obscurité totale, un supplice pour les pieds déjà fatigués…

Nous sommes au pied du sentier Cathare qui monte sans relâche jusqu’à notre position de tir. Des phares s’allument au loin derrière nous, provoquant un mouvement de fuite du chemin de notre part, couplé à un début de pluie qui ne s’arrêtera plus. Nous sortons les ponchos et attendons de voir que le véhicule ne vient pas dans notre direction pour continuer.

Il s’en suit une période longue, douloureuse physiquement et mentalement, de marche dans une montée glissante et boueuse. La capuche du poncho tombe un peu, m’empêchant de voir que ma frontale et son filtre rouge ne dévoile que plus de pente au fur et à mesure des heures. Tant mieux ! Je me sens faiblir, et je sens que cette deuxième nuit blanche va être difficile. Je passe en tête, pour ne pas me détacher du groupe, tout en remerciant intérieurement Loky le tireur de l’autre binôme pour assurer l’orientation du groupe. J’aurais trop peur de prendre une décision tronqué par la fatigue pour le groupe entier.
Nous sommes obligés de faire du hors-piste à certains moments, les chemins présents sur la carte ayants disparus avec le temps. Je suis toujours en tête, et concentre ma haine sur les ronces qui tirent mon poncho et se plantent dans mes doigts. Pas grave après tout.

Nous rejoignions enfin un sentier que nous cherchions depuis un moment, ce qui donne un coup de plus au moral, nous ne sommes pas perdus et nous allons arriver au bout !


Montée du sentier cathare, vu par mon foretrex.


Nous décidons de poser un bivouac pour dormir 3 heures, avant d’entamer la progression finale au petit matin. La pluie est « supportable », mais je regrette de ne pas avoir la bâche pour tendre un abri 5 étoiles au-dessus de nos quatre têtes. Je sors mon sur-sac, gonfle mon matelas à l’intérieur, et déroule mon duvet. Tout  est prêt pour un sommeil réparateur, sauf que la fatigue et l’envie d’aller me blottir dans mon duvet va me porter préjudice pour la suite, même si je ne serais plus à cela prêt.
Je pose mon pantalon et mes chaussures sur mon sac à dos (n’ayant plus de place dans mon duvet), que je recouvre rapidement de mon poncho, mon sur-sac étanche ayant été arraché le samedi matin par la végétation…

Vous notez qu’il faut être bien con ou bien fatigué pour poser les affaires sur le sac, et pas à l’intérieur.

Je m’endors en deux minutes, après avoir réglé le réveil. Je suis réveillé rapidement par une pluie battante combiné à un vent assez fort qui la fait claquer partout sur nos protections. Je suis encore étanche, et me rendors malgré cette sensation désagréable d’humidité à l’extérieur. Malheureusement et rapidement, certains de mes camarades ont un package plus light et ne peuvent plus lutter contre l’eau qui s’infiltre partout. Nous devons tous nous lever et nous remettre en route si nous voulons finir. Je bougonne, mais finis par me lever pour enfiler mes vêtements techniques sous la pluie. Je découvre alors la bonne surprise du jour : mon poncho s’est à moitié envolé malgré mes précautions, et mes chaussures sont inondées tout comme mon pantalon.

Allez hop, on enfile tout et on se remet en route, je sais que les vêtements techniques me tiendront chaud tant que je serais en mouvement. Nous abandonnons notre bivouac à la pluie, et je ne garde que mon fusil de précision et mon poncho, avec quelques barres de céréales dans les poches de ma smock. Mes camarades malgré les conditions météo et la fatigue gardent une motivation impressionnante pour arriver au terme de la mission.

Nous ne sommes plus très loin de notre position de tir, et la montée glissante n’est plus un problème sans sac sur le dos.  Soudain un tir part de notre gauche, à une vingtaine de mètres, mais ne touche personne. Je récupère mon fusil qui était sanglé sur mon épaule, mais n’ouvre pas le feu voyant Loky s’approcher de la source du tir. Je ne comprends pas bien la scène, apparemment les individus ayant ouvert le feu sont deux personnes engagées par les Farcs pour surveiller la zone, qui n’ont heureusement tiré qu’a une seule reprise à vide. Loky les a visiblement convaincus de nous laisser repartir. Heureusement qu’il ne s’agissait pas de Farcs fanatisés par leur causes comme ceux que nous avons subis lors de la nuit de vendredi.



Nous décidons de nous séparer, conscient de l’énorme erreur d’inattention que nous avions commis.
Je pars avec Lonewolf, la position de Rodrigo est à 600 mètres à vol d’oiseau et il nous reste 2h07 pour être en position. Le Foretrex au poignet, j’indique régulièrement le cap à Lonewolf qui ouvre la voie. Nous prenons toutes les précautions possibles pour traverser furtivement les sentiers  ou routes que nous devons franchir pour atteindre notre objectif. Nous entendons plusieurs véhicules qui tournent à proximité, et évitons plusieurs patrouilleurs. J’ai enlevé mon poncho pour ne garder que mon uniforme en M90 sur moi, je préfère la discrétion à l’espoir futile de garder un cm² de mon corps au sec.
Comme une chinoiserie n’arrive jamais seule, nous nous apercevons que le GPS commence à nous faire tourner en rond en décalant la distance et le cap au fur et à mesure de notre progression, alors que nous sommes à moins de 100 mètres de notre cible.

Sans commentaire, j’en connais un qui va mal finir son week-end et se retrouver au reclyclage avant l’heure. Pour autant nous avons identifié un carrefour propice à une rencontre, et nous commençons à chercher une zone avec une fenêtre de tir. Nous avions décidé plus tôt que Lonewolf serait le tireur, et que je le couvrirais dans sa fuite si besoin est.  
Nous trouvons un endroit qui semble adapté, et je fais passer à Lonewolf mon sécateur pour qu’il se dégage un espace  dans le buisson qui va l’abriter. Au final la zone se révèle mal agencé pour effectuer un tir efficace, et nous nous remettons à la recherche de l’emplacement idéal.


Lonewolf termine à 35 mètres du carrefour, et je suis situé 20 mètres derrière lui en hauteur, couché derrière un gros arbre.

-Il reste 63minutes.
Il faut attendre immobile, et la pluie ruisselle déjà sur mes épaules. Ma position en hauteur par rapport au carrefour me permet de garder la tête à plat dans l’axe de mon corps, mais pousse à la somnolence étant donné le manque de sommeil que j’accuse.
Trois patrouilleurs passent à une vingtaine de mètres de moi sur ma gauche, mais ni moi ni Lonewolf ne sommes inquiétés.
-Il reste 46 minutes.
Je me sens partir, et n’arrive pas à lutter contre la fatigue.
-Il reste 39 minutes.
Je me mords la langue régulièrement, pour sortir de ma somnolence et me réveiller.
-Il reste 35 minutes.
Heureusement cet état « second » me coupe un peu du froid, mon corps ne tremble pas malgré le filet d’eau qui coule en permanence le long de mon cou puis sur ma colonne vertébrale.
Des véhicules passent à proximité.
-Il reste 23 minutes.
Ma tête est lourde, j’essaye de penser à autre chose.
-Il reste 14 minutes.
Le carrefour commence à se remplir de gardes du corps, plusieurs véhicules sont  présents à l’arrêt mais le moteur tourne.



Il est l’heure !



Je n’ai pas de visuel direct sur ma cible, uniquement sur ses gardes du corps, et je fais donc entière confiance à Lonewolf pour mener à bien la mission.

J’entends les tirs de Loky qui se sera finalement positionné sur ma droite à une vingtaine de mètres. Certains finissent dans des branches sans pouvoir sortir du bois, les conditions climatiques sont horribles pour réussir ce genre de mission. Un hostile s’approche dangereusement la position de mon tireur, et j’ouvre le feu sans savoir ou passe mon projectile à travers ma lunette couverte d’eau.
Quand soudain un appel met fin à ces 48h de bonheur : « SNIPERS, levez-vous ».


Le froid me rattrape, l’adrénaline a disparu, et je tremble sans rien pouvoir contrôler. J’apprends de l’organisateur que les deux trafiquants ont bien été abattus, Lonewolf ayant parfaitement abattu sa cible !
Le binome Jack et Loky l’emportera grâce à la distance du tir !



En résumé : Un scénario réglé aux petits oignons, un terrain unique, des organisateurs disponibles et avenants, des participants toujours motivés !



Dernière édition par Simon le Lun 20 Jan - 16:49, édité 2 fois
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coco43

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MessageSujet: Re: Trophé Craig Harrison 2013   Lun 4 Nov - 20:55

Quelque chose me dit que le temps a du être pluvieux ...

Respect pour etre aller jusqu'au bout
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Simon

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MessageSujet: Re: Trophé Craig Harrison 2013   Lun 4 Nov - 22:39



Un peu de pluie oui, voici mon interne de Bolt le dimanche soir..

Et pour citer l'organisateur sebastos :

ça se voit pas sur la photo mais Lonewolf et Simon tremblaient tels des épileptiques à ce moment là, tellement ils étaient trempé et frigorifiés. a écrit:
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Fashion

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MessageSujet: Re: Trophé Craig Harrison 2013   Mar 5 Nov - 17:43

La vache, à ta tête on vois que tu est HS ^^

GG en tout cas, fier de vous deux en tant que représentant Jok' !

jocolor 
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Simon

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MessageSujet: Re: Trophé Craig Harrison 2013   Lun 20 Jan - 16:51

Mise à jour avec le retex complet.

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MessageSujet: Re: Trophé Craig Harrison 2013   

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Trophé Craig Harrison 2013
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